Lors d’une réunion interne, le président du Medef, Patrick Martin, a proposé la création d’un nouveau contrat à durée indéterminée (CDI) à destination des jeunes inspiré d’un dispositif mis en place en Italie. 

Comment faire face à un taux de chômage de 19 % chez les jeunes actifs ? Pour répondre à cette question, le Medef s’est fait le chantre, dans plusieurs notes consacrées aux thématiques de «l’emploi des jeunes» et du «modèle productif, d’un nouveau dispositif inspiré du modèle italien du contrat à droits progressifs, mis en place en 2016 par Matteo Renzi. Selon l’organisation patronale, ce contrat aurait «contribué à la baisse du chômage structurel» en Italie. 

Ce dispositif prendrait la forme d’un CDI qui pourrait être rompu sans motif durant les premières années, avec une indemnisation croissante en fonction de l’ancienneté du salarié en cas de rupture. Une proposition qui n’est pas sans rappeler le contrat première embauche créé en 2006, destiné aux jeunes de moins de 26 ans, et qui permettait à l’employeur de rompre le contrat durant les deux premières années sans avoir à motiver sa décision. Le CPE avait déclenché une forte mobilisation étudiante et syndicale, contraignant le gouvernement à y renoncer. 

La CGT a vivement dénoncé cette proposition, la qualifiant de «CPE XXL». «Ce projet est une déclaration de guerre», a-t-elle affirmé dans un communiqué publié ce samedi. L’Unef, le syndicat étudiant, a également réagit dans un communiqué jugeant cette mesure «inacceptable». Il a brandi la menace d’une mobilisation si ce projet venait à voir le jour.

Les « ni en emploi, ni en études, ni en formation » visés

Dans ces mêmes notes, le Medef s’attaque également au SMIC, en proposant, pour un «public cible», sur une «durée limitée» et «potentiellement par la négociation collective», d’adapter le niveau de rémunération. L’objectif affiché serait de favoriser l’embauche en améliorant «l’adéquation entre le niveau de rémunération et les compétences des primo-entrants». Pour l’Unef, cette disposition s’apparente à une «discrimination pure et simple fondée sur l’âge qui précariserait davantage des centaines de milliers de jeunes déjà confrontés à une précarité qui explose et à des conditions de travail déplorables».

L’organisation patronale suggère par ailleurs de renforcer les engagements en matière de formation professionnelle, d’abaisser, en dessous d’un certain âge, la durée minimale des contrats à temps partiel, de supprimer les délais de carence entre deux CDD ou encore d’en augmenter la durée légale. 

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L’ensemble de ces propositions vise à s’attaquer à la problématique des jeunes NEET «ni en emploi, ni en études, ni en formation», une catégorie qui représentait 12,3% des Français âgés de 15 à 29 ans en 2023. Une vision que ne partage pas le syndicat étudiant. «Si le gouvernement ou le patronat tentent d’imposer ces attaques contre notre camp social, nous saurons, comme en 2006, nous mobiliser massivement pour les faire reculer», a-t-il prévenu.

Source : CNEWS

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